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séjour pour les familles en deuil : mon vécu d'accompagnante

Un séjour pour familles en deuil : retour de Marseille

Quand on vit un deuil, on se retrouve perdus… Et quand on perd don conjoint, il faut s’occuper des enfants en plus de soi-même ! Heureusement, il existe des séjours pour familles en deuil : une initiative qui apporte du recul, du répit et des ressources concrètes pour avancer dans le deuil avec des repères !
Voici mon retour sur le séjour que j’ai animé il y a quelques semaines.

Sept familles, une semaine, et la mer

En avril dernier, je partais à Marseille avec deux collègues accompagnantes du deuil, toutes les trois formées comme moi chez Couleur Plume. Nous accueillions sept familles pour six jours. Des mamans, un papa et leurs enfants de 3 à 16 ans, qui avaient touts perdu un parent. Des familles qui ne se connaissaient pas, qui arrivaient chacune avec son histoire, sa douleur, son rythme.

Le cadre était beau. Un lieu adapté aux familles, proche du centre ville, avec la mer pas loin, et cette lumière particulière de Marseille qui fait du bien sans qu’on sache exactement pourquoi.

Le principe du séjour est simple : le matin, on fait des ateliers autour du deuil. Parents, ados et enfants sont séparés en 3 groupes distincts, pour que chacun ait accès à des informations adaptées à son âge, et puisse s’exprimer en toute sincérité. On y parle du deuil et de son processus, du lien avec le défunt, des émotions, de la communication de nos besoins…
L’après-midi, on respire. Des visites, des temps libres, des moments où les enfants jouent ensemble et où les adultes parlent autrement, moins dans le cadre, plus dans le vivant. Des moments de détente pour chacun, ensemble ou séparément.

Que se passe-t-il pendant ce type de séjours ?

Ce qui s’est dit pendant ce séjour ? Je ne raconterai pas tout.
Ce qui se dit dans ces espaces-là appartient à ceux qui l’ont vécu.

Mais je peux dire ce que j’ai observé. Des sourires timides au début. Rapidement, quelques larmes, et du soulagement. Des questions vraies, profondes, sincères. Des réponses qui plaisent, ou qui appellent d’autres questions….

Beaucoup de choses vraies se sont dites. Des choses intenses, parfois difficiles, sur le deuil bien sûr, mais aussi sur la parentalité. Sur ce que c’est que d’être à la fois en train de traverser sa propre douleur et d’essayer d’être là pour ses enfants. Sur la culpabilité, l’épuisement, l’incompréhension de l’autre.

Il y a eu de la timidité parfois. De la pudeur. Et puis, un relâchement. Dans la parole, dans l’attitude aussi. Des enfants heureux. Des parents détendus. Et des liens qui se créent. Du soutien, très concret.

Et puis il y a eu des rires aussi. Beaucoup. Un karaoké endiablé qui a ressemblé toutes les générations. Parce que le deuil et le rire ne sont pas incompatibles !

Il y a quelque chose de précieux dans le fait d’être entouré de gens qui vivent la même chose : cette sensation de ne pas avoir à se justifier, de ne pas avoir à ménager l’autre, de pouvoir poser son histoire sans craindre de trop peser.

Un séjour pour le deuil, et pour les familles

Dans ce séjour, nous avons beaucoup parlé du deuil. C’est normal, c’est le sujet principal. Mais à travers nos transmissions, formelles et informelles, nous avons également beaucoup parlé de parentalité.
Parce que c’est un sujet primordial pour un parent qui se retrouve seul à gérer l’éducation de ses enfants !
« Est-ce que mon ado va bien ?  » « Son attitude est liée à l’adolescence, ou au deuil ? Ou les deux ? »
« Qu’est-ce que je dois dire à mes enfants concernant l’accident de leur papa ? « 

Il y avait cette famille, une maman et sa fille de 13 ans, qui sont arrivées un peu distantes l’un de l’autre. Chacune dans son monde, avec cette tension silencieuse que le deuil installe parfois entre les gens qui s’aiment et ne savent plus comment se le dire. Des non-dits, des incompréhensions. La douleur de l’une qui fait peur à l’autre. On se protège mutuellement en s’éloignant.

La veille du départ, je les ai vues tomber dans les bras l’une de l’autre. Un câlin spontané, un vrai. Rien de spectaculaire, juste deux personnes qui avaient retrouvé un chemin l’une vers l’autre. Mais j’ai pu voir le chemin parcouru, et combien ce séjour avait pu ressouder leur petit noyau familial.

Ces moments-là, on ne les provoque pas. On crée juste les conditions pour qu’ils puissent arriver. Et ce séjour en est une !

Il ne s'agit pas de faire disparaître le vide, mais de ne pas y rester enfermée.

Le retour d’une participante sur ce séjour

Une des mamans nous a envoyé spontanément un témoignage après le séjour. Elle y décrit quelque chose que j’essaie souvent de mettre en mots sans jamais tout à fait y arriver.

Elle parle de ce que l’accompagnement produit vraiment : « Ce type d’accompagnement ne produit pas un simple « avant et après ». Il transforme la manière de traverser ce qui demeure. » Et elle décrit son chemin comme une spirale ascendante : revenir sur ce qui a été vécu, mais avec davantage de conscience, plus de ressources, une capacité renouvelée.

Et cette phrase, que je n’oublierai pas :

« Il ne s’agit pas de faire disparaître le vide, mais de ne pas y rester enfermée. »

Je ne crois pas avoir jamais lu une formulation aussi juste de ce que nous essayons de faire.

Sur le groupe WhatsApp créé pendant le séjour, les messages ont continué à arriver après le retour.
B. écrivait qu’en rentrant chez elle, face à l’angoisse qui remontait, elle avait invité mentalement les visages de chacun, et que ça l’avait aidée.
E. rappelait ce qu’ils avaient construit ensemble : les échanges sincères, les moments difficiles, l’humanité… et que tout ça restait, même une fois le quotidien repris.
S. proposait un café à Paris à quiconque passerait par là.

Des liens s’étaient formés. Des liens vrais, nés de quelque chose de partagé en profondeur.

Pourquoi ce type de séjour pour familles en deuil existe, et pourquoi il est utile

Le deuil est souvent vécu dans l’isolement. On rentre chez soi après l’enterrement, la vie reprend autour de vous, et vous, vous êtes encore là-bas, quelque part entre avant et après.
Avec des enfants, il y a un flou encore plus grand. Personne n’est préparé à vivre un deuil, on ne sait pas à l’avance comment on va réagir. Mais personne ne peut savoir non plus comment vont réagir les enfants ou adolescents, ce qu’il faut leur dire ou non, ce qu’ils attendent de nous…

Les séjours comme celui-ci existent parce les certaines familles ont besoin d’un espace qui n’est pas un cabinet de thérapeute, pas leur maison, pas le quotidien. Un espace protégé, hors du temps ordinaire, où il est possible de poser ce qu’on porte sans avoir peur de déranger.
Un espace hors du temps, qui leur permet de se reconnecter complètement à leurs émotions, leurs besoins, et de recréer le lien avec les enfants, un vrai lien simple et profond.

Une attention particulière portée au cadre de ces séjours

Ce que je retiens de cette semaine, c’est que le cadre compte. La mer, le soleil, le lieu bien pensé : ce n’est pas un détail. Le corps a besoin de beauté pour laisser quelque chose se déposer. Et le groupe compte aussi. Traverser ça ensemble, entre familles qui ne se connaissaient pas et qui se sont reconnues, crée quelque chose qu’aucun accompagnement individuel ne peut tout à fait reproduire.
Ce cadre est aussi porté par les accompagnantes. Nous étions trois, et ce n’est pas de trop. Nous avons posé un cadre simple, complet et sécurisant pour tout le groupe. Des règles de parole intransigeantes. Nous avons été les gardiennes du cadre qui leur a permis de se déposer, de se révéler, et de sortir grandis.

Ces séjours pour familles en deuil sont financés par certaines mutuelles et prévoyances : une prise en charge qui mérite d’être connue, parce que beaucoup de familles qui en auraient besoin ne savent pas que c’est possible. Si vous êtes dans cette situation, renseignez-vous auprès de votre mutuelle ou de votre prévoyance. Couleur Plume peut aussi vous orienter.
Si vous êtes une mutuelle ou prévoyance et que vous souhaitez financer une action qui a du sens et a fait ses preuves, vous savez où me trouver !

Vous traversez un deuil et souhaitez être accompagné ?

Laetitia gauthier Plisson, mosaïste funéraire et accompagnante professionnelle du deuil

Laetitia Gauthier Plisson

Depuis 2006, je mets la couleur et la matière au service du souvenir. Mosaïste funéraire et accompagnante du deuil, je travaille avec les familles pour créer des hommages qui leur ressemblent.

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