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album jeunesse deuil L'arbre sans fin de Claude Ponti

L’Arbre sans fin de Claude Ponti : l’album jeunesse deuil que j’utilise dans mes ateliers

La première fois qu’on le voit, on pourrait passer à côté. Une image colorée, des personnages joyeux qui gambadent dans un arbre, un titre poétique. Un album jeunesse sur le deuil comme on en voit rarement

L’Arbre sans fin de Claude Ponti est un OVNI. C’est un livre qui parle de la mort, du deuil, de la peur et de la reconstruction. Tout ça avec des mots d’enfant, des expression imaginaires, des images foisonnantes, et une façon de raconter les choses qui va droit au cœur sans jamais être pesante.

Je l’utilise régulièrement dans mes ateliers pour les enfants en deuil, entre 6 et 12 ans, et il ne me déçoit jamais.

Voilà pourquoi.

L’histoire d’Hippolène, ou comment le deuil nous embarque malgré nous

Hippolène est une petite fille dont la grand-mère vient de mourir. Et ce décès la propulse dans un voyage qu’elle n’a pas choisi : un parcours initiatique à travers des mondes étranges, peuplés de créatures improbables, de miroirs, de planètes et de rencontres inattendues. Elle est ballottée, perdue, souvent dépassée par ce qui lui arrive. Elle a peur, et elle doute d’elle-même. Au final, elle ne sait plus très bien qui elle est.

Ce qui me touche profondément dans cette histoire, c’est que Claude Ponti ne cherche pas à rassurer trop vite. Il montre le deuil tel qu’il est vraiment vécu de l’intérieur : un chemin tourmenté, non linéaire, dans lequel on ne choisit pas d’entrer et dont on ne voit pas la sortie au début. Il y a la peur, l’esprit embrouillé, une forme de crise identitaire.

Et puis, progressivement, elle trouve des appuis. Elle s’accroche à des choses. Elle avance, elle se reconstruit, et retrouve son chemin.

Hippolène découvre qui elle est dans sa lignée, rend hommage à sa grand-mère, et finit par trouver son chemin, sans que rien ne soit effacé pour autant. À la fin de l’histoire, elle a changé, grandi, gagné en maturité. Et elle est sereine.

C’est exactement ce que vivent les enfants que j’accompagne.

La scène qui me touche le plus : Hippolène pétrifiée

Il y a un passage dans le livre qui me touche personnellement. C’est le moment où Hippolène, saisie par la peur, se transforme en pierre. Tout s’arrête. Elle est figée, immobile, comme suspendue. Et ça dure tellement longtemps…

Ce passage me parle parce qu’il me renvoie à quelque chose que j’ai vécu enfant. J’avais 9 ans quand j’ai appris la mort brutale de mon oncle, en rentrant de vacances. J’ai été sidérée. Et dans cette sidération, j’ai fait ce que beaucoup d’enfants font sans qu’on le leur demande : je me suis effacée. Je n’ai pas fait de vagues, parce que c’était déjà compliqué pour les adultes autour de moi, pour mes cousines. Pendant quelque temps, je n’ai plus vraiment existé.

Cette pétrification d’Hippolène, c’est ça. Ce n’est pas de l’indifférence. C’est une réponse à quelque chose de trop grand, de trop soudain. Une façon de survivre quand on ne sait pas encore comment faire autrement.

Quand je lis ce passage aux enfants, je vois souvent quelque chose se passer dans leurs yeux. Une reconnaissance silencieuse.

Un album jeunesse qui parle aux enfants en deuil

Ce que j’aime aussi beaucoup dans ce livre, c’est la sensation de flottement qui traverse toute l’histoire. Hippolène erre entre les planètes, se perd dans les miroirs, ne maîtrise pas grand-chose de ce qui lui arrive. Et pourtant, au fil du chemin, elle rencontre Loupiote, une petite créature qui devient sa compagne de route. Elle s’y accroche. Et cet ancrage, aussi humble soit-il, l’aide à avancer et à retrouver son chemin.

Dans le deuil, les enfants font exactement ça. Ils s’accrochent à un détail, à un objet, à une personne, à une habitude. Quelque chose de petit qui devient un point fixe dans un monde qui a basculé. Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est vital.

Ortic, le monstre, et la joie de l’envoyer balader

Il y a aussi Ortic. Le monstre dévoreur d’enfants perdus. Une figure sombre, inquiétante, qui surgit rapidement dans le voyage d’Hippolène.

Dans mes ateliers, c’est souvent le personnage qui accroche le plus les enfants, surtout les petits. Certains ont vraiment peur de lui à la lecture. Et puis arrive la fin du livre : Hippolène le recroise, et cette fois elle n’a plus peur. Elle l’envoie balader en une répartie bien sentie. “Moi non plus, je n’ai pas peur de moi !” et il se met à « pourrir sur pied comme une vieille salade moisie. »

C’est simple. C’est drôle. Et c’est libérateur.

J’ai vu des enfants éclater de rire à ce moment-là, ce rire de soulagement, presque de victoire, qu’on n’attendait pas. Parce que quelque chose en eux reconnaît cette scène : la peur qu’on finit par regarder en face, et à laquelle on dit non.

Comment j’utilise ce livre dans mes ateliers

Dans mes ateliers, je cherche des albums jeunesse sur le deuil qui ne cherchent pas à rassurer trop vite. L’Arbre sans fin est celui que je reviens chercher le plus souvent.

Je lis l’album à voix haute, en montrant les images une à une. Les illustrations de Claude Ponti sont denses, habitées, pleines de détails qu’on découvre au fur et à mesure. Elles font partie de la narration autant que le texte.

Après la lecture, on prend le temps de parler. De ce que les enfants ont compris, de ce qui les a touchés ou surpris, des émotions que ça a fait remonter. La discussion est ouverte : elle peut aller vers le livre, vers leur propre histoire, vers des questions sur la mort, vers n’importe quoi. Je ne dirige pas. Je suis.

Ce qui revient souvent : des enfants qui se reconnaissent dans Hippolène. Pas dans les détails de l’histoire, mais dans la sensation. Celle d’être embarqués dans quelque chose qu’ils n’ont pas choisi, de ne pas savoir comment faire, d’avoir peur. Et de trouver, malgré tout, un chemin.

C’est pour ça que je reviens toujours à ce livre. Parce qu’il dit, avec des images et des mots d’enfant, quelque chose d’essentiel sur ce que c’est que de perdre quelqu’un qu’on aime. Et qu’il le dit sans fausse consolation, sans happy end artificiel. Juste avec cette vérité poétique et un peu déjantée qui est la marque de Claude Ponti.

Le deuil, c’est aussi ce chemin tourmenté et merveilleux. Rares sont les albums jeunesse sur le deuil qui le montrent avec cette justesse-là.

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mon album jeunesse préféré sur le deuil : l'arbre sans fin

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Laetitia gauthier Plisson, mosaïste funéraire et accompagnante professionnelle du deuil

Laetitia Gauthier Plisson

Depuis 2006, je mets la couleur et la matière au service du souvenir. Mosaïste funéraire et accompagnante du deuil, je travaille avec les familles pour créer des hommages qui leur ressemblent.

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