Mosaïque funéraire, accompagnement du deuil

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Mosaïque funéraire, accompagnement du deuil : parlons de vos projets au 06 01 97 70 71

mosaïque funéraire et accompagnement du deuil : mon métier

Mosaïque funéraire et accompagnement du deuil : pourquoi ces deux métiers ne font qu’un

On me pose souvent la question : comment une mosaïste funéraire devient-elle aussi accompagnante du deuil ? Comme si les deux activités étaient surprenantes ensemble, comme si l’une relevait de l’art et l’autre du soin, et que les deux ne pouvaient pas habiter le même atelier, ni la même personne.

Pourtant, pour moi, mosaïque funéraire et accompagnement du deuil n’ont jamais vraiment été séparés. Les deux activités se sont construites l’une avec l’autre, l’une grâce à l’autre. Et tout a commencé bien avant que j’ouvre mon atelier.

Antoine, une mosaïque, et une leçon de vie

En 2004, j’entre en formation professionnelle chez Antoine de Crozé, dans son atelier Dzibilnocac. Antoine a eu plusieurs tumeurs au cerveau. On lui a annoncé une espérance de vie de deux ans après sa dernière opération. Quand je le rencontre, il en est à dix ans, et il est heureux. D’une sérénité rare.

Entre nos travaux professionnels, il nous fait travailler sur la mosaïque qui ornera sa propre tombe. Du marbre clair, un poème, un oranger. Pas de morbidité dans cette démarche, pas de lourdeur. Juste une belle philosophie de la vie, sans peur de la mort. Antoine parle de sa tombe comme d’un projet qui lui tient à cœur, avec la même attention qu’il porterait à n’importe quelle autre œuvre.

Cette expérience m’a ouvert les yeux sur quelque chose d’essentiel : on peut décorer une tombe. On peut en faire un lieu vivant, personnel, chargé de sens. La plaque de granit austère n’est pas une fatalité. Et parler de la mort n’est pas forcément une chose lourde à porter.

Je reverrai Antoine quelques années après mon installation. Il est mort peu après. Mais ce qu’il m’a transmis, cette façon sereine d’envisager la fin, m’accompagne encore aujourd’hui.

L’atelier, les grossesses, et les premières familles

En 2006, j’ouvre mon atelier. Avant même qu’il soit officiellement installé, je reçois une première commande : une plaque funéraire en mosaïque pour un enfant. Je suis moi-même enceinte de mon premier enfant. La vie et la mort se télescopent, et j’accueille ça comme ça vient.

Ce premier rendez-vous avec un parent en deuil me surprend. Je m’attendais à quelque chose de pesant, de difficile à traverser. Et je rencontre un être humain avec qui je parle, avec qui je ris parfois. Quelqu’un qui porte une douleur immense, et qui cherche aussi à créer quelque chose de beau pour son enfant. Cette première expérience me donne à réfléchir sur ce que le deuil est vraiment.

Dans les années qui suivent, à chacune de mes grossesses, je reçois une commande funéraire. Comme si la vie se rappelait à moi au moment précis où je portais une nouvelle vie. Je commence à y voir quelque chose : je suis quelque part au milieu de la transmission, entre ce qui commence et ce qui se termine.

Et à chaque commande, je comprends un peu mieux que mon travail ne s’arrête pas à la pose de la mosaïque. Les familles me racontent. Elles me confient des fragments de vie, des goûts, des souvenirs. L’écoute n’est pas un à-côté du travail, elle en est le point de départ.

Le point de bascule

En 2012, on me demande un devis pour des sirènes en mosaïque. Une grande salle de bains blanche et or, robinetterie assortie, le genre d’endroit où tout brille un peu trop. Je fais les dessins, ils plaisent. Je me déplace, je mesure les murs, je réfléchis aux emplacements, j’agrandis les motifs. Et puis les négociations commencent : rogner ici, remplacer là, des matériaux nobles mais pas trop chers quand même. Je ne suis plus une artiste, je deviens un ouvrier. La limite entre les deux est floue, je sais. Mais ce jour-là, je la sens très clairement.

En parallèle, je termine une mosaïque pour une tombe. C’est simple. Fluide. Une pièce unique, pensée pour une personne précise, pour une famille précise. Quand elle est posée, j’accompagne la famille au cimetière. Je les regarde s’arrêter devant ce monument qui leur avait toujours semblé froid et étranger, et quelque chose s’apaise. Ils se réconclient avec cet endroit. Avec ce lieu qui est devenu le leur.

Ce jour-là, je comprends que j’ai un choix à faire. Pas entre deux types de commandes, mais entre deux façons d’être artiste. Je choisis la pièce unique. L’émotion. Celle qui permet de se sentir vivant malgré la mort, pas enfermé dans une salle de bains musée. En 2014, après un déménagement, je fais de ce choix une spécialisation officielle.

La formation doula, et l’écoute qui s’approfondit

La même année, je me forme au métier de doula. L’accompagnement périnatal. Une formation longue, exigeante, qui demande un vrai retour sur soi et qui m’apprend à aller bien plus loin dans l’écoute, dans la présence, dans la gestion des émotions.

Mon premier accompagnement long est une interruption médicale de grossesse. C’est émotionnellement intense. Et pourtant, comme avec cette famille au cimetière quelques mois plus tôt, je me sens utile. À ma place. La douleur des autres ne me submerge pas, elle me mobilise. Je comprends que je suis capable de tenir une présence dans les moments les plus difficiles, sans fuir et sans me perdre.

La formation doula effleure aussi le deuil périnatal, et je mesure combien une présence soutenante peut changer quelque chose, non seulement pour les personnes accompagnées, mais pour tous ceux qui les entourent.

Trouver la bonne formation en accompagnement du deuil

Pendant toutes ces années, je sais que je veux approfondir l’accompagnement au deuil. Mais je veux trouver la bonne formation, celle qui sera aussi exigeante que les précédentes, celle qui ne survolera pas.

En 2021, je trouve cette formation chez Couleur Plume. Une formation longue, profonde, qui m’amène à réfléchir à mon propre rapport à la mort et à la maladie, à poser des mots sur ce que je faisais déjà intuitivement depuis des années.

Elle me donne un cadre. Des repères. Une façon de tenir ma place sans la déborder, ni en deçà, ni au-delà. Savoir ce qui aide et ce qui n’aide pas. Reconnaître ce que je peux offrir et ce qui relève d’un autre professionnel, d’un autre espace.

Ce n’est pas devenu un deuxième métier. C’est devenu une partie entière du premier.

Chaque pratique nourrit l’autre

La mosaïque est un travail du corps et du temps. On taille, on pose, on ajuste fragment par fragment. Il faut être là, pleinement, les mains dans la matière. C’est un ancrage. Dans les périodes intenses d’accompagnement, retourner à l’atelier est une façon de revenir à soi.

L’accompagnement du deuil, lui, m’a rendue plus attentive. Plus précise dans l’écoute. Plus consciente de ce que les familles traversent au moment où elles me passent commande, souvent dans les mois qui suivent un décès, parfois bien plus tard, quand le deuil a besoin d’un geste concret pour avancer.

Les deux se nourrissent mutuellement. L’une crée, l’autre reçoit. L’une laisse une trace durable, l’autre crée un espace pour traverser. Ensemble, elles forment quelque chose qu’aucune des deux ne pourrait être seule : un accompagnement qui a une forme, une couleur, une matière.

Ce que ça change pour les familles

Quand les deux sont réunis, quelque chose de différent devient possible.

La mosaïque donne un lieu. Un endroit où aller, où poser son chagrin, où reconnaître le visage de celui qu’on a perdu dans une couleur, un motif, une lumière qui change avec les saisons. Elle transforme un monument en espace vivant.

L’accompagnement du deuil donne du temps. Un espace pour dire ce qui est difficile à dire, pour traverser ce qui déborde, pour ne pas rester seul avec l’intensité du deuil.

Ensemble, ils permettent de faire ce que le deuil demande : trouver comment continuer à vivre, sans effacer.

Ce n’est pas une promesse de guérison. C’est une présence, une œuvre, et le chemin entre les deux.

Un seul fil, depuis le début

Je n’ai pas construit deux métiers. J’ai suivi une seule intuition, depuis cet atelier en 2004 où Antoine travaillait sur sa propre tombe avec la même sérénité qu’il portait à tout le reste.

J’aime à penser que j’accompagne la vie dans tous ses passages. La naissance comme la fin de vie sont des moments d’une intensité rare. Émotionnellement, physiquement, spirituellement. Et dans ces moments-là, avoir quelqu’un qui écoute, qui crée, qui reste, ça change quelque chose.

Si vous traversez un deuil et que vous cherchez à la fois une œuvre qui honore et un espace pour traverser, je suis là. Vous pouvez me contacter pour qu’on parle de ce dont vous avez besoin, une mosaïque, un accompagnement, ou les deux.

Vous souhaitez vous former au métier de mosaïste, ou de mosaïste funéraire ?

Laetitia gauthier Plisson, mosaïste funéraire et accompagnante professionnelle du deuil

Laetitia Gauthier Plisson

Depuis 2006, je mets la couleur et la matière au service du souvenir. Mosaïste funéraire et accompagnante du deuil, je travaille avec les familles pour créer des hommages qui leur ressemblent.

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